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mardi 31 mars 2009

Une nouvelle boite à impudeurs ?

Une chère et jeune âme vient- en quelques clics-  de m'ouvrir cette page, aux contours assez sobres. Pourvu que le contenu le soit tout autant. Que je n'y dévoile rien de trop regrettable, ni pour moi, ni pour quiconque présent à mes côtés, absents à mes côtés. Pourvu que j'égratigne des pensées, plutôt que des êtres, des tendances et non des oeuvres. 
Que mes restes de pudeur m'obligent à bien des silences. 

Cette page, ce cahier, ces brouillons, ébauches, miettes, jardin public... 
Sera t'il truffé de  Julie M. me disait l'autre soir, en grillant sa douzième cigarette (elle a cessé la coke- du moins le prétend t'elle): "je ne supporte plus de mettre le s... de Claude F. dans ma bouche, surtout depuis que son film a fait un bide dans toute la France." et autres indiscrétions codées? Celles qui, décodées, avec personnages notoires en offrande, n'intéressent déjà pas grand monde...?
Non. 
Parler d'un "soi" dans son exercice littéraire, Strictement Professionnel, pour ne pas dire "les autres" dans leur exercice intime. 
Voilà posée l'intention, celle d'un auteur de théâtre, trop jeûne metteur en scène, compositeur de musique de scène, scénariste à ses heures, soucieux de coucher sur le papier virtuel - pression tonifiante d'être lu par trois touristes égarés- quelques idées, observations, pensées sur le travail en cours, observations générales (les acteurs, les agents, la mise en route, le rêve et la brutale réalité du plateau, la promotion, le manque de promotion, la bienveillance d'une ouvreuse, l'aigreur d'une caissière, la fidélité d'une directrice de salle, la mélancolie d'un trajet en tournée, la maturation d'un personnage, d'une première scène, la folie d'un régisseur, l'écrasante présence de mes maîtres à écrire). 
Voilà posée l'intention, dis-je. Banale à souhait. 
M'est avis qu'elle sera contrariée d'ici peu. 
Si peu. Pour si peu. 
Tiens-toi droit, mon grand. N'oublie pas le mépris que tu as pour ces crapauds- chroniqueurs et autres auto-fictifs dont raffolent une certaine presse (une presse certaine de tout), et qui te tuent un homme, un cinéaste, une ex-femme, un jeune acteur, en une giclée caustique, confondant calembour et aphorisme, coups bas et coups de griffe, vanne et saillie drolatique, ragot et portrait. 
Ne les oublie jamais, ceux-là. 
Ne le cite pas non plus. 
Même eux. 
La critique des critiques et la dénonciation des méchantes ridicules fussent-elles jubilatoires, ne verse pas ton postillon dans la trop grande bassine de bave. 
Se méfier de la bière, cette bière dont tu abuses quelques soirs par semaine. 
Se méfier de la rancoeur. 
Se méfier de tout ce qui - provisoirement- te tiendra trop à coeur. 
On va voir. 
Bonsoir. 

5 commentaires:

  1. tiens, je remets ici mon comment de facebook.
    je te laisse une trace, j'aime bien.

    "j'ai tout lu.
    tout bu. cul sec.
    le mien ne l'est pas.
    le tien non plus. ça se sent. c'est sensuel, olfactif.
    et ça tient tes mots au chaud.... Read More
    je lisais 'le pur et l'impur' de colette aujourd'hui.
    et je pense à tous ces monsieurs et madames X que tu couchera sur ce papier virtuel, qui s'assembleront, s'assombriront, se cogneront comme des poissons qui ne se touchent jamais, vraiment.
    et oui, garde ta méfiance.
    et creuse, creuse, le monde et son intérieur, le tien.
    moi j'aime ça.
    et si je ne suis qu'une touriste égarée, perdue, effarée, tant mieux."

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  2. Bonjour. J’ai pris plaisir à vous lire. Et à sourire aussi devant votre réserve : « On va voir ». Bienvenue au club de ceux dont le scepticisme (l’incrédulité?) s’éveille face à la légendaire magie d’Internet. Possédant déjà un site, j’ai moi-même cédé à l’idée folle de créer un blog pour montrer un peu plus mon travail (je suis peintre). Sur ma lancée, j’en ai créé 3 d’un coup (une sorte de frénésie bloguesque), histoire de voir si les âmes égarées sur la toile seraient plus nombreuses à atterrir à mon(mes) adresse(s). Expérience peu concluante. Je vous souhaite donc beaucoup plus d’égarés que moi jusqu’ici (facile), et surtout qu’ensuite, après vous avoir lu, votre blog devienne pour eux une destination régulière et pas seulement un voyage unique résultant d’un hasard informatique.
    Bonne continuation.

    Cordialement.

    Claire ESTEBAN

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  3. Et la "troisième touriste égarée" est là, finalement. Non repue de ces quelques trois pages. Heureusement, il y a les livres. Mais les livres...

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  4. Je finis enfin de dévorer ce blog, hélas trop bref.
    Envie d'en lire plus, d'en connaître plus.
    J'irais bien sûr du côté des parutions, voir si mon coup de cœur se concrétise ...
    Je fais tout à l'envers et vous découvre chroniqueur avant de tomber dans vos textes.
    Mais je vous y préfère ...

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  5. On adore ce qu’il est. On boit ses paroles. Il est grinçant, agaçant, saignant, drôlement incisif, intelligent, prétentieux, chiant….il est tout ça et bien plus encore, la liste est encore longue. Difficile d’être concis et exhaustif en quelques mots ! Mal aimé, trop aimé, malmené, envié, torturé…et c’est bien parsqu’il nous fait virer du mépris à l’idolâtrie, qu’il manque de modestie, qu’il est bipolaire, qu’il entremêle expressions subtiles et gesticulations théâtrales (avec un talent rare) qu’il finit par devenir attachant… !

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